leur retraite : Yvonne et Michel Lansard, Elisa et Philippe Hamel, Bernadette et Didier Robert, Anne et Lucien Duquesne, Sophie Boyer. Ce sont avant tout des amis que j’ai revus, et j’ai mesuré la richesse de ce que les uns et les autres m’avaient apporté.
Tout d’abord, ils m’ont fait prendre conscience que la grande pauvreté et l’exclusion sociale étaient des réalités bien présentes à Montréal même. Chacun apporte, avec sa personnalité, une orientation particulière, ce qui ne va pas sans heurts. Faut-il d’abord faire connaître le Mouvement et construire des ponts avec les autres organismes? Faut-il mener une action dans un quartier?
J’irai avec Yvonne dans un quartier de Montréal-Nord pour implanter une bibliothèque de rue. C’est pour moi l’occasion de découvrir le dénuement dans lequel vivent ces familles, aussi bien matériel que culturel. Les enfants ne sont pas capables d’identifier une fleur ou une « bibitte » alors que mes propres enfants le savent depuis longtemps.
Depuis, les volontaires se sont succédé à Montréal, ce qui est à la fois une richesse et un défi, chacun agissant selon sa personnalité, tout en devant rester fidèles aux orientations générales. Nous nous efforçons de les soutenir dans l’action et dans leur quotidien.
Je repense à Marylise et Romain Fossey venus avec leurs deux garçons. Alors qu’ils se remettent d’une grippe, nous accueillons leurs fils qui construisent un igloo dans le jardin avec Denis et se plongent avec délices dans ses BD. Denis sera très proche de Bernadette Lang qu’il ira voir régulièrement à l’hôpital jusqu’à son décès, s’occupant de gérer ses affaires. Ainsi les alliés s'efforcent-ils de soutenir les volontaires venus le temps de leur mission dans notre pays.
Françoise Tesson, alliée |